
Des milliers de brevets sont déposés chaque année sur les plantes du monde entier par les multinationales, les industries. Vol scandaleux du patrimoine humain : la biopiraterie.
Documentaire Arte
Date de diffusion : 2007
Durée : 1h07mn
L’appropriation du patrimoine génétique est un phénomène apparu en 1980 aux Etats-Unis (avec le dépôt d’un brevet par General Electric sur une bactérie génétiquement modifiée), et relativement courant aujourd’hui, puisque 15% des brevets déposés aux Etats-Unis concernent des organismes vivants. Non seulement ceci est discutable d’un point de vue éthique (le patrimoine vivant n’est-il pas un bien universel ?), mais cette manière d’agir est également dommageable pour les populations des pays dont sont issues ces richesses naturelles. Dans l’exemple d’une plante, la population qui la cultive de façon ancestrale et qui transmet ses connaissances (propriétés, usage que l’on peut en avoir) est doublement lésée. D’abord, elle ne gagne rien, alors que la société qui dépose le brevet et qui utilise les propriétés de la plante pour produire un médicament ou un produit cosmétique génère de confortables bénéfices. Pire encore, le peuple victime de biopiratage peut être amené à devoir payer des royalties pour utiliser ou vendre la plante en question.


Il y aura du boulot à sortir de toutes ces organisations maffieuses, sortir de l’OMS, sortir de l’OTAN, sortir de l’ONU, sortir de L’Europe, sortir de l’Euro.
Breveter le vivant.
L’appropriation des richesses de la biodiversité en des pays non encore pollués par la recherche du profit comme unique motivation et unique valeur, est une nouvelle forme de colonisation.
Les conquistadors amenaient de l’or à la couronne, puis les colons allaient faire fortune en exploitant la richesse du sous-sol partout de parle monde. Du coup ils permettaient à des Etats de s’approprier des territoires transformés en colonies.
La piraterie n’est pas nouvelle ; les aventuriers ne se sont jamais préoccupés des autochtones des régions qu’ils pillaient et les soumettaient plutôt.
Le principe de la piraterie est que le pirate a des moyens et que le piraté n’a que les yeux pour pleurer. Les multinationales ne seraient pas ce qu’elles sont sans la consommation des pays riches dont nous sommes.
La multinationale pirate dépend de ce que nous consommons mais aussi des besoins artificiels créés par la publicité. Production, profit, consommation, sont les trois mamelles du piratage de la biodiversité en des pays encore vierges de ces prédations.
Les rapaces du profit sans humanité, sans état d’âme, arrivent chez des peuplades où la biodiversité est respectée et où l’on ne consomme que ce dont on a strictement besoin.
La cupidité des Américains US est exemplaire en matière de piratage, bien organisée en des organismes de dépôts de brevets pilotés par des multinationales.
Des hommes qui vivent près de la nature depuis des milliers d’années ne savent pas que leur terre nourricière est achetée par ces prédateurs. Une terre sur laquelle ils n’ont pas un sentiment de propriété d’ailleurs.
Les pays émergeants se défendent de l’emprise de cette colonisation technologique américaine mais que peuvent-ils faire ? Comme pour le pétrole, en cas de résistance, on leur portera la guerre, on inventera un mensonge à l’exemple de l’invasion de l’Irak.
Les Etats Unis ont une stratégie du pognon agressive ; ils sont les barbares des temps modernes mais pour combien de temps encore ?
On se demande si les ressortissants américains se posent des questions fondamentales sur l’origine de leur richesse matérielle. A défaut ; l’Américain moyen pourrait se poser des questions sur sa pauvreté spirituelle. 53 % de créationnistes contents de leur sort.
Brésil, Mexique et Inde réagissent à la piraterie et ce n’est pas fini. Du côté des States, il va bientôt falloir penser à la décolonisation, a une inversion des rôles.
Les pays émergeants vont-ils copier le modèle américains¸dans quelques années ? On peut penser à cette éventualité car il est avéré que les pays riches exploitent les pays pauvres et ça n’a jamais été l’inverse.
Breveter le vivant : il faut être un homme dénaturé, décadent, pour en arriver là. Un cafard en quelque sorte dans le capharnaüm.
Allez les verts et les autres ! Défendons ce qu’il reste d’humanité vraie, près de la nature. Que l’harmonie de l’évolution regagne du terrain sur le chaos, version technologie exploitée ignominieusement.
Si la défense de la vie contre la cupidité, la vénalité, ne devient pas une vertu universelle, on est bel et bien foutus, bon pour mille ans d’esclavage. Le processus est en route. Qui inversera sa course ? Sera-t-elle inversée ? Conscience ou laxisme ?
L’homme doit inscrire en lui un instinct de conservation planétaire, ça vient de sortir mais ce n’en est pas moins indispensable à la survie de notre propre espèce.