Recevoir une lettre d’Intrum peut être source d’inquiétude. Intrum est un acteur majeur du recouvrement de créances, mais une réclamation n’est pas automatiquement fondée et des erreurs ou des tentatives de fraude existent. Voici un guide détaillé pour vérifier l’authenticité du courrier, protéger vos droits et agir de manière pragmatique.
1. Vérifier l’authenticité et le contenu du courrier
Avant toute réaction, examinez attentivement la lettre. Les éléments essentiels à contrôler :
- Le nom du créancier initial (la lettre doit indiquer qui réclame la somme et pas seulement le nom d’Intrum).
- La référence ou le numéro de dossier, utile pour tout échange ultérieur.
- La description précise de l’origine de la dette : facture, contrat, échéance non payée, date et montant initial.
- La ventilation des sommes : capital, intérêts, frais de recouvrement et pénalités éventuelles.
- La preuve de la cession de créance si la dette a été transférée à Intrum (acte de cession ou convention entre créancier initial et Intrum).
- Les coordonnées d’Intrum : adresse postale, numéro de téléphone non surtaxé et adresse e‑mail officielle qui figurent sur le site institutionnel.
Si un de ces éléments manque ou paraît incohérent, demandez des justificatifs avant d’effectuer tout paiement.
2. Demander des justificatifs : comment procéder
Contactez Intrum par écrit pour exiger les pièces qui prouvent l’existence et le montant de la dette. Préférez un message électronique suivi d’une lettre recommandée avec accusé de réception si vous n’obtenez pas de réponse satisfaisante. Demandez explicitement :
- La copie du contrat ou des factures à l’origine de la créance.
- La preuve de la cession de créance, le cas échéant.
- La ventilation détaillée des sommes réclamées (montant initial, intérêts, frais).
- Les coordonnées complètes du créancier initial (nom, adresse, SIREN/SIRET si disponible).
Conservez toutes les traces de vos échanges (copies d’e-mails, reçus de recommandés, enregistrements d’appels si légalement autorisés). Ces éléments seront utiles en cas de contestation ou de procédure judiciaire.
3. Modèle de lettre pour demander des justificatifs ou contester
Objet : Demande de justificatifs / contestation de la créance - Réf. dossier : [référence]Je soussigné(e) [Nom Prénom], né(e) le [date de naissance], demeurant [adresse complète], conteste la dette mentionnée dans votre courrier du [date]. Merci de bien vouloir me transmettre, dans un délai de 15 jours à compter de la réception de ce courrier, les pièces justificatives suivantes :- copie du contrat ou des factures à l'origine de la dette ;- preuve de la cession de créance, le cas échéant ;- ventilation détaillée des sommes réclamées (capital, intérêts, frais) ;- précisions sur l'identité complète du créancier initial.En l'absence de ces justificatifs, je considère cette réclamation comme non fondée et je demanderai l'arrêt de toute procédure. Je vous prie d'accuser réception de la présente par écrit.Fait à [lieu], le [date].Signature
4. Contester la dette : poursuites possibles
Si la créance est erronée ou si vous disposez de preuves contraires (quittances, relevés bancaires, correspondances), joignez-les à votre contestation. Envoyez la contestation en recommandé avec accusé de réception pour conserver une preuve de vos démarches.
Si Intrum ne répond pas ou maintient la demande sans fournir de justificatifs, vous pouvez :
- Saisir un médiateur de la consommation ou le service de médiation indiqué par le créancier.
- Contacter une association de consommateurs (en France : UFC-Que Choisir, CLCV) pour obtenir un accompagnement.
- Consulter un avocat si la somme est importante ou si une procédure judiciaire est engagée.
5. Négocier un échéancier si la dette est fondée
Si la dette est réelle, mieux vaut négocier un échéancier écrit que risquer une procédure. Proposez un plan de remboursement adapté à votre budget et obtenez la confirmation écrite d’Intrum précisant que, pendant le respect de cet échéancier, aucune mesure abusive (saisie, procédure accélérée) ne sera engagée.
Attention aux clauses : exigez la mention écrite du montant total restant dû, des intérêts appliqués et de la durée précise de l’échéancier. Conservez toutes les confirmations par écrit.
6. Signes d’alerte : se protéger contre la fraude
Certaines lettres sont des tentatives d’escroquerie. Soyez vigilant si :
- Le courrier exerce des pressions excessives ou des menaces non motivées légalement.
- On vous demande de payer par des moyens atypiques (virement vers un compte étranger, cartes prépayées, services anonymes).
- Les coordonnées du prétendu créancier sont absentes ou incorrectes.
En cas de doute, vérifiez les coordonnées d’Intrum sur leur site officiel et contactez-les directement via ces canaux pour confirmer la demande.
7. Délais, prescription et recours
Les délais et voies de recours varient selon les situations et les pays. En France, l’action personnelle se prescrit généralement par cinq ans (article applicable du Code civil), mais certains types de créances peuvent suivre des règles particulières. Renseignez-vous auprès d’un professionnel du droit ou d’une association si vous n’êtes pas sûr des délais applicables à votre dossier.
Si une procédure judiciaire est engagée, faites-vous assister : la contestation hors procédure est utile mais, si une assignation en justice vous parvient, il est impératif d’y répondre dans les délais légaux et, si besoin, de consulter un avocat.
8. Protection des données et droits RGPD
Intrum, comme tout organisme traitant des données personnelles, doit respecter le Règlement général sur la protection des données (RGPD). Vous pouvez demander l’accès aux données vous concernant, leur rectification ou leur suppression si elles sont inexactes. Adressez ces demandes par écrit et conservez la preuve d’envoi. En France, la CNIL peut être saisie en cas de manquement au respect des données personnelles.
En résumé : ne cédez pas à la panique. Vérifiez l’exactitude du courrier, demandez des justificatifs, contestez par écrit si nécessaire, négociez un échéancier si la dette est réelle et faites-vous accompagner par des associations ou un avocat pour les dossiers complexes. Conserver des preuves écrites et respecter les délais sont les meilleures protections face à une lettre de recouvrement.





